Le Paris FC a visiblement décidé d’entrer dans une nouvelle phase de sa transformation depuis l’arrivée de la famille Arnault à son capital.
Dix mois après avoir pris le contrôle majoritaire du club (52,4 %), le géant du luxe resserre son emprise en installant des hommes de confiance à des postes stratégiques. Premier symbole : la nomination de Jean-Marc Gallot, ex-patron de Veuve Clicquot et figure de la galaxie LVMH, comme directeur général. Fidèle collaborateur d’Antoine Arnault, Gallot incarne le projet d’industrialisation et de professionnalisation voulu par l’actionnaire.
Dans la foulée, un autre proche du groupe, Alexandre Battut, s’apprête à devenir directeur administratif et financier. Après un passage au PSG puis au Stade Français, il rejoindra officiellement le club début novembre. Ces arrivées ne laissent aucune ambiguïté : le Paris FC est désormais piloté à la manière d’une maison de luxe, avec des profils issus du management LVMH plutôt que du microcosme du football français.
Pierre Ferracci perd ses soutiens
Mais derrière cette recomposition en coulisses se cache une rupture selon l’Equipe. François Ferracci, directeur sportif et fils du président Pierre Ferracci, va quitter ses fonctions. Officiellement nommé début 2024, il s’était distingué par des mercatos réussis et une proximité forte avec le vestiaire. Mais son style a vite heurté les ambitions des nouveaux partenaires. Red Bull, entré au capital à hauteur de 10,6 %, a imposé son influence avec Marco Neppe, ancien du Bayern, pressenti pour prendre la main sur le secteur sportif. L’épisode Kanté, géré en direct par Antoine Arnault et Neppe, a marqué un désaveu pour François Ferracci.
Son départ est bien plus qu’un simple changement d’organigramme : il signe l’effritement de l’influence des Ferracci. Pierre, président depuis plus de dix ans, voit son cercle de confiance se déliter. Après l’éviction de son ami Alexis de Seze de la direction générale et celle de son fils, sa capacité à peser dans les décisions stratégiques s’amenuise. Surtout, l’accord conclu avec la famille Arnault prévoit qu’il cède ses parts (29,8 %) d’ici 2027. Une échéance qui semble déjà se rapprocher. L’homme fort du Paris FC pourrait-il être poussé vers la sortie avant terme ? La question n’est plus taboue.

